Le fer en pays de Bray (2)

Le pays de Bray sur le chemin de l’innovation

 

     À partir de 1450, des sidérurgistes originaires des régions de Liège et de Namur s’installent dans le pays de Bray picard, aux environs de Saint-Paul près de Beauvais.

 

     Bientôt, au plus tard dans les années 1480, des usines à fer sont construites entre Gournay-en-Bray et Forges-les-Eaux et surtout dans la vallée de la Béthune, entre Gaillefontaine et Neufchâtel-en-Bray.

 

     Ce sont environ une trentaine d’établissements, hauts fourneaux ou affineries, qui ont fonctionné durant plusieurs décennies, jusque vers le milieu du XVIe siècle. Ensuite, l’enchérissement du bois, car le procédé est gourmand en combustible, entraîne la restructuration de la production : lorsque l’industrie du fer disparaît du Bray picard, deux unités sont encore actives à Neuville-Ferrières et Beaussaut-Glinet. On sait que la forge de Beaussault existait encore au milieu du XVIIe siècle, mais elle devait disparaître rapidement.

 

     Dans la première moitié du XVIe siècle, un grand nombre de travailleurs du fer partent vers le Sud-Est de l’Angleterre. Ils sont à l’origine de la grande industrie sidérurgique anglaise.

 

Hauts fourneaux et affineries du pays de Bray

 

     Dans le Bray normand, les établissements s’installent grâce à l’initiative conjointe de seigneurs et des hommes de métiers. Les maîtres de forges se procurent le minerai, achètent du charbon de bois surtout dans les hêtraies royales comme la forêt d’Eawy, supervisent la fabrication du fer, qu’ils commercialisent auprès des marchands de la régions (Neufchâtel-en-Bray, Abbeville, Rouen) ou des artisans du fer (maréchaux, sans doute cloutiers). Hauts fourneaux et affineries ne sont pas toujours installés sur les mêmes sites ni aux mains des mêmes exploitants.

 

     La documentation écrite, constituée surtout de contrats notariés conservés aux archives départementales de la Seine-Maritime, fournissent ainsi quelques renseignements. Plus original, des listes anglaises fiscales ou de naturalisation contiennent de nombreux noms de travailleurs brayons ayant traversé la Manche dans la première moitié du XVIe siècle. C’est d’ailleurs en étudiant ces listes qu’un chercheur anglais, Brian G. Awty, a redécouvert cet épisode de l’histoire dans les années 1970. Il a ensuite fait sur place un premier inventaire des textes et des vestiges de terrain. En effet, une étude archéologique est indispensable pour bien connaître cette histoire.

 

     Sur le terrain, les sites, situés au bord de l’eau, souvent transformés en moulins à blé par la suite, se signalent par des laitiers, scories vitrifiées de couleur claire des hauts fourneaux, ou des scories noires d’affinerie.

 

     Le site de Glinet n’est pas le mieux connu pas les documents écrits, mais il se prêtait à une recherche archéologique approfondie.

 

 

Transmission du procédé indirect

par migration des travailleurs du fer

 

 

 

 

Hauts fourneaux et affineries du pays de Bray

 

 

 

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Laitier (scorie de haut fourneau) trouvé à  Glinet

 

Scorie d’affinerie (culot) trouvée à Ginet